Durée = 1h40
Avec Younes Bouab, Salah Bensalah, Bouchaib Essamak
Concourt pour la Caméra d'Or

Poursuivi par la police dans le désert, Amine enterre un magot au sommet d'une colline. Il maquille le lieu en une tombe pour le protéger des intrus. A sa sortie de prison, dix plus tard, un mausolée a été construit à cet endroit, visité par des pèlerins espérant un miracle de celui qui y serait enseveli : le Saint Inconnu. Obligé de séjourner dans le village voisin, Amine se fait passer pour un scientifique, le temps de trouver le moyen de récupérer le butin.
Le Miracle du Saint Inconnu est une parabole originale et réjouissante, bien racontée et qu'on aurait plaisir à voir au théâtre autant que sur grand écran. Les interprètes ont une retenue et une dignité qui siéent à l'intrigue. Ce film n'a qu'une ambition, distraire, et il le fait bien, mais c'est aussi sa limite. Il mériterait une aide pour sa promotion, avec un prix.
Ma note = 14/20

11h45 On va tout péter / Blow It to Bits de Lech Kowalski (Quinzaine des Réalisateurs, USA)
Durée = 1h49
Le documentaire dépeint le combat des salariés de la société GM&S en liquidation judiciaire en 2017. Ils menacent de détruire leur entreprise en la faisant exploser, si une solution satisfaisante n'est pas trouvée pour les employés. Ils espèrent l'aide des grands constructeurs automobile dont GM&S est fournisseur. 277 salariés auraient pu perdre leur emploi. 150 seront licenciés. Les autres continuent ou changent d'activité auprès du repreneur.
Au-delà des tragédies spécifiques vécues par les personnes impliquées, On va tout péter ne brille pas par l'originalité du traitement à l'écran de la lutte syndicale, quand on le compare aux exercices passés similaires. La détresse sociale n'y est pas contrebalancée par les considérations économiques. A réserver aux amateurs.
Ma note = 10/20
14h00 Les Hirondelles de Kaboul / The Swallows of Kabul de Zabou Breitman & Elea Gobbe Mevellec (Un Certain Regard, France)Durée = 1h20
Avec Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swann Arlaud
A Kaboul, au temps des talibans, deux jeunes gens Mohsen et Zunaira vivent une passion amoureuse véritable. Il est enseignant. Elle est artiste. Mais ils doivent vivre reclus, et souffrent des privations de liberté et la rigueur impitoyable de la police des m½urs en charge de l'application de la charia. Lorsqu'un terrible accident survient, Zunaira perd tous ses repères.
Attention, Les Hirondelles de Kaboul n'est pas un film d'animation qui convient aux enfants. Certains dessins sont sans ambiguïté sur les atrocités commises par les fondamentalistes. Mais La technique à l'aquarelle des graphistes est superbement maîtrisée. Les acteurs du film ne sont pas juste employés pour la bande son mais ont aussi leurs avatars stylisés à l'écran. Dommage que le storyboard ne soit pas plus fluide. Les ruptures de rythme sont parfois brutales. Ce dessin animé aurait sans doute mérité d'être plus long.
Ma note = 13/20
16h30 La Femme de Mon Frère de Monia Chokri (Un Certain Regard, Canada)
Durée = 1h57
Avec Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon, Evelyne Brochu
Concourt pour la Caméra d'Or

A Montréal, Sophia vient d'avoir son doctorat en philosophie politique, mais échoue à trouver un emploi. Elle loge chez son frère Karim, avec qui elle est très complice. Leur relation fusionnelle est perturbée par les sentiments amoureux de Karim pour la gynécologue de Sophia.
La Femme de mon Frère conte l'histoire d'une trentenaire qui refuse de devenir adulte. Le rythme du film est enlevé, la bande son bruyante, criarde, voire fatigante. Les textes sont sans doute très travaillés mais tombent à plat presque à chaque fois qu'ils se veulent drôles. Je n'ai pas été séduit.
Ma note = 11/20
19h45 5B de Dan Krauss et Paul Haggis (Sélection officielle Séance spéciale, USA) Durée = 1h33
5B, c'est le service réservé aux malades du SIDA au cinquième étage de l'Hôpital général de San Francisco, dans les années 1980. En interrogeant les malades survivants et le personnel médical, le documentaire rend hommage au courage et à l'humanité d'un organisme qui a su s'organiser pour assurer l'accompagnement vers la mort de nombreux patients avant le miracle de leurs résurrections par les trithérapies.
5B est un documentaire touchant, qu'il faut montrer au plus grand nombre pour son contenu informatif et pour casser les préjugés qui ont survécu jusqu'en 2019. L'exercice est toutefois limité par la disponibilité des images d'archives, qui explique peut-être pourquoi la narration reste si conventionnelle et prévisible.
Ma note = 15/20






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