8h30 Rehana Maryam Noor de Abdullah Mohammad Saad (Un Certain Regard, Bangladesh)Durée = 1h47
Avec Azmeri Haque Badhon et Afia Zahin
Rehana est la mère de la petite Ému, qu'elle élève seule avec l'aide de son frère. Elle est professeure assistante dans un hôpital universitaire au Bangladesh. Elle est témoin de l'agression sexuelle d'une de ses étudiantes par un professeur titulaire. L'étudiante refuse de témoigner de peur de s'exposer. Pour Rehana, ne rien faire serait intolérable.
Rehana Maryam Noor est un film militant et féministe, qui mérite d'être vu du plus grand nombre. Sans remettre en cause la vraisemblance du portrait de cette femme forte, on peut regretter que Abdullah Mohammad Saad n'ait pas choisi d'y mettre plus d'aspérités.
Ma note = 14.5/20
11h00 Grosse Freiheit de Sebastian Meise (Un Certain Regard, Autriche)Durée = 1h57
Avec Franz Rogowski et Georg Friedrich
175, c'est le numéro de l'article de loi selon lequel l'homosexualité est réprimée dans le code pénal allemand. C'est en application de cet article que Hans Hoffmann, déporté dans les camps pendant la guerre est emprisonné à de plusieurs reprises. L'article s'applique aussi à ses amants, qui sont aussi condamnés au confinement dans le même lieu. Malgré l'environnement hostile, ils cherchent à garder le contact entre eux.
Le film vaut plus par la mise en scène des amours mâles, sans la béquille de l'érotisme et en limitant les images de sexe, que par le rendu de l'univers carcéral. On regrettera que l'homophobie et la violence associées sont trop superficiellement traitées en comparaison avec ce que ces populations ont vraisemblablement subi dans ces lieux.
En fonction de la qualité des films LGBTQI+ à venir en sélection à Cannes 2021, Grosse Freiheit pourrait figurer au palmarès de la Palm Queer, pour les bons sentiments.
Ma note = 14/20
14h00 Cow d'Andrea d'Andrea Arnold (Sélection Officielle Cannes Première, GB)Durée = 1h33
Avec Marguerite ?
Elle s'appelle sans doute Marguerite (toutes les vaches s'appellent Marguerite, non?). Elle est blanche avec des tâches noires. Elle boit, elle mange, elle rumine, elle dort, elle copule, elle se fait faire les ongles. Par contre, elle ne chie pas. Peut-être la bouse n'était-elle pas suffisamment cinématographique, Mrs Arnold ? Et bien sûr, quand elle a fini son travail de laitière, elle part chez l'équarrisseur ou à l'abattoir.
Ce documentaire sans explications rend compte, avec beaucoup de gros plans, de la vie trépidante de Marguerite à la ferme. C'est un film qui fera le bonheur des Miniavacaphiles. Ou peut-être des confinés urbains en quête de nature? On avait les fonds d'écran de poissons rouges. On peut maintenant faire des fonds d'écran de vaches.
Ma note = 11/20
17h00 Un monde de Laura Wandel (Un Certain Regard, Belgique)
Durée = 1h13
Avec Maya Vanderbecque et Günter Duret
Sortie française le 10 novembre
Concourt pour la Caméra d'Or

Nora ne veut pas lâcher son père lors de son entrée à la « grande école » (primaire). Son grand frère fait aussi la rentrée au même endroit. Elle comprend vite qu'il est victime de harcèlement mais lui fait promettre de ne rien dire. En voulant l'aider, elle aggrave la situation. Elle redoute aussi d'être exclue de son groupe d'amies. Son père et les enseignants interviennent maladroitement...
Le caméra se porte essentiellement sur le personnage de Nora, en plans serrés sur son visage. Les deux comédiens principaux sont remarquables malgré leur jeune âge. Les scènes de violence entre enfants sont poignantes. La première partie de Un Monde mettait la barre très haut. Dommage que la deuxième partie (où les deux enfants se reconstruisent après le traumatisme) soit moins bien réussie.
Du coup, j'hésite sur mon appréciation.
Peut-être comme Caméra d'Or pour encourager un talent incontestable ? Mais cette année, la compétition entre réalisateurs de premiers films à Cannes s'annonce de haut niveau.
Ma note = 14,5/20
19h15 After Yang de Kogonada (Un Certain Regard, États-Unis)Durée = 1h41
Avec Colin Farrell et Jodie Turner-Smith
Le foyer familial comprend le père, la mère, la fille et Gege, un androïde qui tient le rôle de grand frère de la petite. Lorsque l'androïde tombe subitement en panne, l'éventualité de remplacer Gege par un autre androÎde n'est même pas évoquée. Les tentatives de réparation révèlent que Gege est plus spécial qu'il n'y paraît. Il posséderait une puce mémoire inconnue dans les modèles standards et interdite par la réglementation. Cette mémoire prouve au père que Gégé a eu plusieurs vies antérieures.
J'attendais beaucoup de ce film de science fiction, un genre peu difiusé à Cannes. Les images sont très travaillées pour donner une touche futuriste, mais After Yang n'a pas la richesse d'un Blade Runner même s'il semble lui emprunter quelques éléments de l'intrigue. Le résultat m'a laissé sur ma faim.
Ma note = 12/20








































































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