8h30 Ouistreham (Between Two Worlds) d'Emmanuel Carrère (Quinzaine des Réalisateurs, France)Durée = 1h47
Avec Juliette Binoche, Didier Pupin, Emily Madeleine, Evelyne Porée
Après 20 ans de vie comme mère au foyer dans un milieu aisé, Marianne vit désormais seule et doit subvenir à ses besoins. Sans qualifications, elle se rend à Pôle Emploi et accepte des petits boulots, dans des entreprises de nettoyage industriel. L'une d'entre elles l'envoie sur le ferry qui fait la traversée vers l'Angleterre. Toutes ces expériences sont autant d'occasions de rencontres avec d'autres travailleurs précaires. Mais Marianne porte un secret, une motivation cachée qui guide ses décisions...
Difficile de ne pas penser à Ken Loach lorsqu'Emmanuel Carrère dépeint les conséquences de la fragilité économique, qui rend les personnages si touchants et authentiques. Juliette Binoche ne déçoit pas dans le rôle de Marianne et mériterait peut-être un prix pour ce rôle. Elle est accompagnée par des interprètes non professionnels particulièrement convaincants. Ouistreham est inspiré du célèbre roman de Florence Aubenas du même nom. Le paradoxe est que c'est dans la partie originale du film par rapport au roman, à savoir l'amitié entre les personnages Marianne et Christelle, qu'il manque le plus la touche d'excellence qui fait les films primés. Mais c'est un très bon début pour la Quinzaine des Réalisateurs!
Ma note = 15,5/20
11h30 The Gravedigger's Wife / La Femme du fossoyeur de Khadar Ayderus Ahmed (Semaine de la Critique, Somalie)
Durée = 1h22
Avec Omar Abdi, Yasmin Warsame, Kadar Abdoul-Aziz
Concourt pour la Caméra d'Or

En Somalie. Guled transporte sa pelle où on le demande, principalement pour enterrer les morts. Il fait de son mieux pour joindre les deux bouts et faire vivre son foyer constitué de son jeune fils et de sa femme Nasra, dans un quartier pauvre de Djibouti. Leurs conditions de vie menacent de se dégrader davantage quand Nasra apprend qu'elle a une tumeur au rein. Elle est condamnée à court terme, si elle n'est pas soignée par une opération chirurgicale très onéreuse.
Les films somaliens ne sont pas fréquents dans les salles françaises. Celui-ci est plutôt bien fini et plaisant à regarder même si le scénario est prévisible. La photographie en extérieur est (forcément) lumineuse.
Ma note = 13/20
14h30 Robuste / Robust de Constance Meyer (Semaine de la Critique, France)
Durée = 1h35
Avec Gérard Depardieu, Déborah Lukumuena, Lucas Mortier
Concourt pour la Caméra d'Or

Georges est un acteur de cinéma expérimenté, bougon et désabusé qui n'a que son garde du corps pour briser sa solitude. Georges exige de lui une disponibilité de tous les jours, de combiner les fonctions de majordome, chauffeur, et finalement compagnon de vie. Quand le garde du corps doit s'absenter temporairement, il se fait remplacer par Aissa, une jeune lutteuse. Malgré leurs différences, les deux individus s'apprivoisent peu à peu.
Le personnage de Georges est interprété par Gérard Depardieu dans son propre rôle, ou presque. On imagine qu'il a dû se faire plaisir à se comporter comme une diva à l'écran. C'est souvent drôle. Divertissant!
Ma note =14/20
17h00 The Souvenir de Joanna Hogg (Quinzaine des Réalisateurs, GB)Durée = 1h59
Avec Honor Swinton Byrne, Tom Burke...
Julie est étudiante dans une école de cinéma. Elle fait la connaissance d'Anthony avec qui elle noue une relation d'abord platonique mais qui se transforme en passion toxique.
Le personnage d'Antony, très complexe, manque de consistance, entre amant adorable, manipulateur, et junkie.
Le modèle de narration choisi par Joanna Hogg nuit aux transitions entre les phases psychologiques du personnage, qui sont très (trop) abruptes. Au bilan, c'est moyen. Ce film a une suite. La partie 2 est diffusée dans la sélection de la Quinzaine. Je crois que je vais m'abstenir.
Ma note = 10/20
20h30 Ghost Song de Nicolas Peduzzi (ACID, France)

Durée = 1h16
Avec OMB Bloodbath, William Folzenlogen, Nate Nichols
La scène se passe aux États-Unis, à Houston. Le film alterne les séquences où interviennent Alex, ex cheffe de gang devenue rappeuse, et ses amis de la rue, mais aussi Will et Nate, issus des quartiers aisés de Houston, poussés vers les addictions par des conflits familiaux.
En guise d'introduction, les sélectionneurs de l'ACID ont qualifié cette œuvre d'opéra urbain. On ne peut pas mieux résumer ce film. Interviews alternés par de la musique rap et classique, sur fond d'ouragan annonçant l'apocalypse. Le mode de narration et la mise en scène s'écartent des normes du storytelling hollywoodien. Mais le tout fonctionne ! Ghost Song a toute sa place à Cannes.
Ma note = 14/20






Share