Les lecteurs de ce blog ont eu un aperçu de l'actualité cinéma à Cannes au cours des 51 séances que j'ai relatées. Quels enseignements en tirer ? Le plus important est peut-être l'année cinéma 2022 sera riche et éclectique. Les auteurs de films ont retrouvé le sens du spectacle et du divertissement, que j'avais trouvé en recul à l'édition 2021. Dans les séances auxquelles j'ai pu assister, j'ai retenu quelques grandes tendances.
Parmi les thèmes qui ont particulièrement attiré les honneurs des jurys, les troubles de la jeunesse ont fait un tir groupé en forme de carton plein pour les prix les plus prestigieux de Un Certain Regard (Les Pires de Lise Akoka, Romane Gueret), de La Semaine de la Critique (La Jauría de Andrés Ramírez Pulido, Aftersun de Charlotte Wells et Dalva / Love according to Dalva de Emmanuelle Nicot), et la Caméra d'Or (War Pony de Riley Keough et Gina Gammell), voire en compétition officielle (Close de Lukas Dhont)
Je n'avais pas moi-même anticipé un tel tir groupé, mais certains figuraient effectivement au plus haut de ma liste de préférences. On peut s'accorder sur le fait que les jeunes comédiens étaient tous étonnement convaincants malgré leur jeune âge (et souvent leur première apparition à l'écran), ce qui augure d'une longue carrière pour eux.
Dans la sélection de la compétition officielle
j'ai vu 8 films sur 24. Les hasards de la programmation m'ont tenu à l'écart d'une grande partie des films primés. Toutefois, j'ai beaucoup apprécié la Palme d'Or, Triangle of Sadness / Sans Filtre de Ruben Östlund, que j'ai classée dans mon top 3, à rebours de la majorité des critiques professionnels qui l'ont assassinée à la sortie de la projection. J'ai conscience que la Palme d'Or ne plaira pas à tout le monde à cause de ses excès, mais il est bon de noter qu'elle n'est pas non plus un film expérimental ou ennuyeux comme d'autres Palmes avant elle, à commencer par The Square, du même auteur. J'approuve le prix d'interprétation féminine, à Zahra Amir Ebrahimi, la seule comédienne qui sortait du lot de films que j'ai eu la chance de voir.
Dans la sélection Un Certain Regard
J'ai vu 14 films sur 20 sélectionnés, donc une grande majorité. Mon coup de c½ur est immédiatement allé à Les Pires de Lise Akoka, Romane Gueret, auquel le jury d'Un Certain Regard a donné son Grand Prix. C'est la 2e année consécutive que mon choix est confirmé par le jury. Qu'ils aient aussi attribué le prix de la performance à Vicky Krieps dans Corsage de Marie Kreutzer était aussi pour moi une évidence.
Dans la sélection de la Semaine de la Critique
J'ai assisté à 10 séances, dont la totalité des films en compétition. Mon coup de c½ur allait à Dalva / Love according to Dalva de Emmanuelle Nicot dont la jeune interprète a été très justement distinguée. Le film lauréat du Grand Prix La Jauría de Andrés Ramírez Pulido était loin d'être déplaisant et mérite d'être vu en salle.
Dans la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs
J'ai vu 8 longs métrages. J'ai retenu de très bons divertissements, que je recommande, comme Revoir Paris de Alice Winocour ou Falcon Lake de Charlotte Le Bon. Très plaisants, ils n'apportent toutefois pas de propositions artistiques singulières donc sont restés à l'écart des palmarès.
Parmi les 29 courts-métrages que j'ai vus,
J'étais en plein accord avec le jury des Courts Métrage de la Compétition Officielle pour la Palme d'Or du Court Métrage à Jianying Chen à qui j'avais mis ma meilleure note. J'ai aussi beaucoup apprécié Regarde-moi de Shuli Huang, le lauréat de la Queer Palm du court métrage et présenté à la Semaine de la Critique.
Vive le Festival de Cannes !






Partage