Durée = 2H06
Avec Sakura Ando, Eita Nagayama, Soya Kurokawa, Hinata Hiiragi

Le jeune Minato, interprété par Soya Kurosawa, est en CM2 dans une école privée. Depuis la mort de son père, c'est sa mère qui l'élève seule. Il présente des troubles du comportement. Sa mère trouve un faisceau d'indices qui font suspecter une maltraitance, et qui semblent tous converger vers son maître d'école. Celui-ci a la réputation d'un homme affectivement instable, qui fréquente les bars à hôtesses. La mère cherche des explications auprès de l'administration du lycée, qui minimise les faits. Un autre garçon, interprété par Hinata Hiiragi revient souvent dans les incidents qui impliquent Minato. Le harceleur est-il celui que l'évidence désigne? La vérité sort-elle toujours de la bouche des enfants?
Kore-Eda Hirokazu fait des allers-retours entre le présent et le passé en dévoilant à chaque passage un voile de l'histoire. Le découpage en points de vues multiples est un parti pris de mise en scène mais affecte aussi un peu la vraisemblance. J'ai beaucoup aimé, même si je dois reconnaître que le réalisateur prête parfois aux enfants des propos et des comportements plus matures que l'âge des personnages devrait permettre. Au moment où j'écris ces lignes, Monster a été distingué avec la Queer Palm 2023. Une belle récompense, méritée, pour une romance gay qui rappelle Close de Lukas Dhont.
Ma note = 17.5/20
11h00 Benel E Adama / Banel et Adama de Ramata-Toulaye Sy (Sélection officielle en compétition)
Durée = 1H27
Avec Khady Mane, Mamadou Diallo, Binta Racine Sy, Moussa Sow
Concourt pour la Caméra d'Or

Dans un petit village de l'Afrique Sub-saharienne, Banel et Adama s'aiment depuis leur enfance. Ils semblaient promis à faire leur vie ensemble mais les parents de Banel interrompent leurs rêves en la mariant. A la mort de son époux, les deux jeunes ont à nouveau une chance. Mais Banel tient à sa liberté et ne veut pas d'enfant. Adama, l'héritier du chef du Village accepte de renoncer à sa fonction. La sécheresse, la disparition des poissons dans la rivière, la décimation du bétail freinent leurs projets communs. Et si ces catastrophes écologiques étaient causées par leur refus de marcher dans les pas de leurs ancêtres ?
Banel et Adama m'a marqué par la qualité de la photo et la beauté des plans. Sans être au niveau des meilleurs de la sélection officielle, le film mérite d'y figurer.
Ma note = 14.5/20
13h00 Club Zéro de Jessica Hausner (Sélection officielle en compétition, Autriche)
Durée = 1H50
Avec Mia Wasikowska, Sidse Babett Knudsen, Elsa Zylberstein...

Sur proposition du comité de parents d'un école privée, Miss Novak est invitée à enrichir la proposition d'enseignement du lycée avec un cours de nutrition sur le manger en pleine conscience. Cette méthode originale bouscule beaucoup de références en termes d'alimentation. Un petit groupe d'élèves s'engagent dans l'aventure. Chacun a ses propres raisons de rejoindre le cours. Miss Novak fait évoluer le cours vers une expérience de jeûne radical, et convainc les élèves à adhérer au très restreint Club Zéro.
Le long métrage commence sur un avertissement qui déconseille la projection aux personnes présentant des désordres alimentaires. Je ne saurais dire si c'est du second degré. Jessica Hausner a mis en scène Club Zéro comme d'autres ont filmé des dystopies avant elle, avec les couleurs contrastées des années 1970. La réalisatrice a construit son scénario en partant du postulat déjà observé dans certains fais divers que la manipulation par l'alimentation est un levier efficace pour la mise en place d'une emprise psychologique. Le film est bien documenté sur les mécanismes de la boulimie/anorexie, qu'il combine non sans justesse avec les ressorts du contrôle sectaire. Et j'ai aimé le clin d'½il de la chute finale.
Ma note = 16/20
16h15 The Zone Of Interest de Jonathan Glazer (Sélection officielle en compétition, UK)
Durée = 1H46
Avec Christian Friedel, Sandra Hüller

L'action se passe pendant la guerre, en bordure directe du camp d'Auchwitz où le commandant du camp, Rüdolf Höss vit sans privations, avec sa femme Hedwig et ses jeunes enfants dans une villa avec tout le confort moderne. A quelques mètres des fours crématoires fumants, du bruit métallique des trains d'où débarquent les déportés juifs et de leurs cris glaçants de détresse, les enfants jouent et se baignent, détournant le regard quand ils le peuvent. Hedwig tient beaucoup à cette maison, qu'elle refuse de quitter alors que son mari est muté dans un autre camp...
La bande son musicale, sourde et angoissante sied remarquablement bien au thème du film.
Je suis mal à l'aise pour évaluer ce film, dont je ne conteste pas l'excellent niveau mais je ne peux pas ajuster la note à la hauteur correspondante, parce que The Zone of Interest est très proche dans ses thèmes et dans sa forme du film la Conférence / Wannseekonferenz de l'Allemand Matti Geschonneck, sorti le 19 avril 2023 dans les salles françaises. On y retrouve la même dichotomie entre la vie ordinaire des SS et les massacres dans les camps. De plus, la conférence de Wannsee sujet principal de la Conférence / Wannseekonferenz, où les modalités de « la solution finale » sont décidées et la comptabilité macabre déclinée avec froideur, a son équivalent presque identique dans The Zone Of Interest sous la forme d'une conférence entre SS. Finalement, la proximité formelle entre les deux ½uvres, le goût partagé pour les plans longs à grand champ oblige à faire la comparaison. Quoique j'admette que le film de Glazer plus complet et mieux fini que celui de son confrère allemand, celui-ci ne démérite pas. Surtout, je ne peux retenir l'impression d'avoir, à Cannes 2023, visionné le remake d'un film vieux de seulement 1 mois... Désolé Monsieur Glazer, vous avez été devancé. Les cinéphiles se doivent de rendre hommage aux pionniers véritables.
Ma note = 15/20
19h45 The Old Oak de Ken Loach (Sélection officielle en compétition, UK)
Durée = 1H53
Avec Col Tait, Jordan Louis, Chrissie Robinson, Chris Gotts

Le « Old Oak » est un pub situé dans une ville du Nord de l'Angleterre, tenu par TJ Ballantine et point de rencontre des habitués des environs. Des réfugiés syriens cherchent refuge dans la ville. Yara une passionnée de photographie, en fait partie. Malgré la xénophobie d'une partie de la population, Yara et Ballantine vont trouver les ressources pour redonner vie à l'Old Oak, au bénéfice de la communauté, sans distinction d'origines.
The Old Oak est un de ces nombreux films politiques que Ken Loach nous a habitués à montrer. Ce n'est sans doute pas sa meilleure création. Le scénario est relativement simple et l'émotion contenue. Toutefois, j'ai été content d'être présent à la projection.
Ma note = 15/20






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