
(1) 2016 promet d'excellents films dans les salles. Après tout, le Festival est d'abord là pour présenter les films en avant-première afin d'en assurer une meilleure distribution lorsque le temps sera venu. De ce point de vue, le contrat est rempli.
(2) le jury de le compétition officielle a une nouvelle fois joué à déjouer les pronostics. La presse de ce matin abondait de commentaires de critiques exprimant leur frustration que les films préférés du public de Cannes auraient été oubliés du palmarès. Quel public ? Celui qui manifeste bruyamment? Ou la masse des silencieux qui attendent une expérience unique de cinéma lors la lumière s'éteint ? Je ne prétends pas avoir vu tous les films de la sélection officielle. J'en ai vu un tiers (que je vais compléter très rapidement avec ceux qui sont déjà projetés dans les salles). Mais, de ce que j'en ai vu, le jury a fait un vrai choix, le même que beaucoup d'autre jurys ont fait avant lui, n'en déplaise à ceux qui ont d'autres attentes en allant au cinéma. C'est le choix de l'émotion, comme synthèse de la diversité des avis de ses membres. L'émotion qui prend aux tripes lorsqu'un réalisateur comme Ken Loach s'en empare. Non, La Palme d'Or I, Daniel Blake n'est pas un film qui révolutionne le cinéma, mais il est indéniablement plus chargé en émotion et que la plupart des autres films de cette sélection, et accessoirement que le précédent opus de Monsieur Loach. Je l'avais placé très haut dans mes propres évaluations. Je lui avais quand même préféré le prix du Jury, le film Baccalauréat du Roumain Cristian Mungiu, que j'avais trouvé plus complet que I, Daniel Blake.
(3) Dans les sections parallèles, la Semaine de la Critique a été décevante. Tellement décevante que 6 des 7 films ont reçu un prix par des jurys variés. Cela pourrait être un signe de qualité, mais il faut savoir que ces prix sont réservés aux 7 films de la sélection. Donc un palmarès trop panaché est forcément suspect.
La sélection Un Certain Regard a offert comme d'habitude son lot de diversité. Le film The Happiest Day in the Life of Olli Mäki, qui a reçu le prix le plus prestigueux m'a laissé pantois, mais les autres films préférés du jury d'un Certain Regard sont conformes à mon propre classement, ce qui me ravit.
Enfin, j'ai trouvé que la sélection 2016 de la Quinzaine des Réalisateurs était un très grand cru. Elle a révélé de vrais petits bijoux. Certains n'ont pas pu être distingués par un prix, tant le niveau de la "compétition" était élevé. Ils devraient réjouir les cinéphiles à leur sortie en salles. Mais je ne devrais pas parler de compétition parce que la Quinzaine des Réalisateurs se targue de ne pas être une sélection compétitive...
La soixante-neuvième édition du festival de Cannes est donc terminée. En route pour la soixante-dixième ! ;-)






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