Durée = 1h32
Avec Carloto Cotta, Cleo Tavares, Anabela Moreira
Concourt pour la Caméra d'Or

Diamantino, est le footballeur star de l'équipe nationale portugaise (toute ressemblance physique avec Cristiano Ronaldo est forcément fortuite). Il est entraîné par son père, un homme âgé qui le protège des difficultés de la vie quotidienne. Il ne connaît pas l'amour, il ne connaît pas les besoins de ses concitoyens. Lorsque son yacht croise une embarcation d'immigrants en détresse, son équilibre psychologique est perturbé. Quelques jours après, il manque un pénalty en finale de la coupe du monde et devient la risée du pays. Il arrête le sport et adopte un réfugié... qui n'est peut-être pas celui qu'il prétend être.
Diamantino est un film loufoque et déjanté qui ne ressemble à rien de connu. Ce n'est ni une comédie, ni un thriller, ni un film de science-fiction, mais plutôt tout à la fois. On aime ce mélange des genres iconoclaste... ou pas.
Ma note =12/20
11h00 Girl de Lukas Dhont (Un Certain Regard, Belgique) Durée = 1h40
Avec Victor Polster, Arieh Worthalter, Valentijn Dhaenens
Concourt pour la Caméra d'Or
Lara est une adolescente née dans le corps d'un garçon. Suivie psychologiquement et sous hormones féminine, elle est engagée dans le processus de transformation chirurgicale. Son père a dû sacrifier son ancien domicile et rescolariser son autre enfant de 6 ans, afin d'être au plus près des meilleurs docteurs et à proximité d'une école de danse classique. Là-bas, Lara peut s'adonner à sa passion, malgré les limitations imposées par son corps masculin.
Girl tient surtout par l'interprétation de Victor Polster, exceptionnel dans le rôle de Lara, au point qu'il nous fait douter qu'il s'agit d'un rôle de composition. Le metteur en scène Lukas Dhont, de 26 ans seulement, indiquait à la conférence de presse qu'il privilégiait une jeune fille mais que Victor lui est apparu comme une évidence. Il ne pouvait pas trouver d'interprète en meilleure adéquation avec les attentes du scenario. Sans prétendre être expert, j'ai trouvé la prestation de Victor en danseuse tout aussi bluffante que sa métamorphose physique. Les films « d'ados » de ce niveau de finesse et aussi maîtrisés sont rares. Girl se positionne déjà en sérieux prétendant au(x) palmarès. Pourquoi pas le plus prestigieux d'entre eux, la Caméra d'Or, réservée aux premiers films dans toutes les sélections ?
Ma note = 17/20
14h00 Gueule d'Ange de Vanessa Filho (Un Certain Regard, France)
Durée = 2h
Avec Marion Cotillard, Alban Lenoir, Ayline Aksoy-Etaix
Concourt pour la Caméra d'Or
Elli a huit ans. Elle ne connaît pas son père. Sa mère, alcoolique, enchaîne les échecs professionnels et affectifs. L'adulte de la maison, c'est Elli. Elle aussi boit en cachette, d'abord par mimétisme, puis par addiction. Une nuit, sa mère la laisse seule plus longtemps qu'à l'accoutumée, sans donner signe de vie. Elli doit se débrouiller seule, doit faire illusion auprès de ses camarades d'école, et des services sociaux. Un sentiment d'abandon l'envahit. Elle trouve du soutien auprès d'un adulte inconnu.
Faire un film autour d'un personnage d'enfant qui a grandi trop vite semblait riche de promesses, mais la réalisatrice Vanessa Filho a échoué à les transformer. La jeune Elli n'a décidément pas l'âge de ses répliques ni de son comportement, y compris dans la scène finale, fût-elle née « d'Einstein », comme aime à plaisanter sa mère. Marion Cotillard ne peut à elle seule sauver la mise. Dommage, c'est raté.
Ma note = 11.5/20
19h00 Le Grand Cirque Mystique de Carlo Diegues (Sélection Officielle, séance spéciale, Brésil, Portugal)
Durée = 1h34
Avec Jesuíta Barbosa, Bruna Linzmeyer, Rafael Lozano

Le film dépeint l'histoire des Knieps, famille propriétaire d'un cirque au Brésil, sur une période d'un siècle et quatre générations. Entre mariages, trahisons, problèmes financiers, rebonds, le scénario en quatre actes suit son court, sur fond de numéros de cirques.
Le temps trop court passé avec chaque protagoniste ne permet pas beaucoup de profondeur. L'originalité du film provient essentiellement de la réalisation, à laquelle l'adjectif « mystique » convient mieux qu'au cirque lui-même. Les amateurs reconnaîtront la grande école des cinémas d'auteurs brésilien et portugais. Bof bof.
Ma note = 10/20







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