Durée = 2h19
Avec Carol Duarte, Julia Stockler, Gregório Duvivier

A Rio de Janeiro, dans les années 1940, Guida est la s½ur d'Euridice Gusmão. Elles sont très complices, rêvent d'aventure et d'autonomie. Lorsque Guida rencontre un matelot grec, elle s'embarque avec lui pour une autre vie sans préparer sa famille à sa décision, laissant sa s½ur derrière elle. Guilda, elle, se destine à une vie plus rangée à Rio et se marie avec un Portugais. Elle garde pourtant un espoir de parcourir le monde en postulant au poste de concertiste professionnelle. L'histoire de Guida tourne court, quand elle comprend qu'elle a maljugé son amant grec. Mais à son retour à Rio, elle est rejetée par son père parce qu'elle est enceinte hors mariage. Celui-ci cache la réalité de la situation de Guida à tous ses proches, en particulier à Euridice.
Ce film illustre le chemin vers l'émancipation de deux femmes, prisonnières du rôle de mère au foyer qu'on attend d'elles et leur besoin d'exister comme femmes indépendantes. Il y a du Almodovar dans cette façon de dépeindre les femmes. L'ensemble est bien construit et convaincant. Je le conseille.
Ma note = 15/20
11h30 Adam de Maryam Touzani (Un Certain Regard, Maroc) Durée = 1h40
Avec Lubna Azabal, Nisrin Erradi, Douae Belkhaouda
Concourt pour la Caméra d'Or
A Casablanca. Samia, jeune femme enceinte, sans mari et rejetée par ses proches, tape à la porte d'Alba pour un emploi dans sa pâtisserie, D'abord hésitante, Alba accepte de l'accueillir, mais pour une courte durée, précise-t-elle. Alba est elle-même veuve et mère d'une fillette de 8 ans. Samia lui confie son projet d'abandonner cet enfant que la société lui refuse, pour le faire adopter. Alba tente de la faire changer d'avis.
Un lien évident unit les deux femmes : leur maternité. L'originalité d'Adam, c'est de porter à l'écran l'alchimie qui naît du contact charnel entre une mère et son bébé, avec une tendresse et un respect de la lenteur qui ne rappelle aucun autre film que j'ai vu. Une alchimie qui permet à Samia de s'assumer comme mère. On déjà peut redouter les détournements du message sous-jacent qui pourront être faits par les intégristes, les anti-contraceptions, les anti-avortements et autres manifs pour tous. Mais cinématographiquement, cela fonctionne. Le niveau de haute satisfaction des spectateurs dépendra alors de s'ils ont été juste attendris ou vraiment émus. Je fais partie de la première catégorie.
Ma note = 14/20
14h30 Lillian de Andreas Horvath (Quinzaine des Réalisateurs, Autriche)
Durée = 2h08
Avec Patrycja Planik
Concourt pour la Caméra d'Or

Lillian arrive au bout de son permis de séjour aux Etats-Unis. Ses projets de carrière d'actrice porno à New York ne se concrétisent pas. Elle décide de retourner dans son pays d'origine, à pied. Alors qu'elle ne maîtrise pas l'anglais, elle entreprend la traversée des USA d'est en ouest, seule, sans valise, sans argent.
Inspirée d'une histoire vraie (dans les années 1920), Lillian est l'histoire d'un dépassement de soi, d'une lutte contre les éléments, contre la géographie, contre des agressions, parfois avec le soutien d'inconnus. Néanmoins, faute d'analyse par Andreas Horvath des motivations qui ont conduit la jeune fille à entamer ses pérégrinations iconoclastes, je me suis senti aussi perdu que Lillian.
Ma note = 11/20
17h30 Abou Leila de Amin Sidi-Boumédiène (Semaine de la Critique, Algérie)
Concourt pour la Caméra d'Or
Avec Samir El Hakim, Lyes Salem, Hocine Mokhtar
Durée = 2h20

Je reproduis Le synopsis du guide de la Semaine de la Critique parce que je ne prétendrais pas avoir compris autant d'éléments de l'intrigue.
"Algérie, 1994. S. et Lotfi, deux amis d'enfance, traversent le désert à la recherche d'Abou Leila, un dangereux terroriste. La poursuite semble absurde, le Sahara n'ayant pas encore été touché par la vague d'attentats. Mais S., dont la santé mentale est vacillante, est convaincu d'y trouver Abou Leila. Lotfi, lui, n'a qu'une idée en tête : éloigner S. de la capitale. Pourtant, c'est en s'enfonçant dans le désert qu'ils vont se confronter à leur propre violence."
De ce que j'ai en compris, Abou Leila une métaphore cinématographique du syndrome post-traumatique. L'intrigue n'est pas très lisible, évoluant sans prévenir entre passé et présent, réel et fantasme. Même bien disposé et concentré, le spectateur est assailli de trop d'interrogations qui ne trouvent pas de réponses. Dommage !
Ma note = 12/20






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