8h30 God's Creatures d'Anna Rose Holmer & Saela Davis (Quinzaine des Réalisateurs, Irlande)Durée = 1h34
Avec Emily Watson, Paul Mescal
Brian a tout du fils prodigue. De retour d'Australie là où il a grandi dans un village de pêcheurs irlandais, il compte reprendre l'exploitation ostréicole de son père, mort par noyade quelques jours auparavant. Mais pour cela, il doit investir lourdement avec de faibles moyens. Il se livre à quelques arrangements avec les règles en vigueur. Sa mère, Aleen, qui l'héberge, désapprouve mais soutient et idéalise son fils. Lorsqu'il commet un dérapage supplémentaire, elle invente un alibi. Aleen est alors tiraillée entre la protection de son fils et sa morale.
God's Creatures est un film social dans la lignée de l'excellent cinéma britannique. Le traitement de la place des femmes #metoo y est central. Le drame de fin, plus appuyé que le reste (et sans doute plus compliqué à rendre à l'écran) est moins subtilement amené. Dommage. Mais j'ai trouvé le film très plaisant quand même.
Ma note = 15/20
11h30 Mariupolis 2 de Mantas Kvedaravicius (Séance spéciale, Lituanie, Ukraine)
Durée = 1H52

Le réalisateur Mantas Kvedaravicius n'était pas présent à Cannes. Il été tué un mois après le début du conflit en Ukraine. Son film est donc une œuvre posthume.
Dans le sous-sol d'une petite église excentrée de Marioupol, une communauté s'est formée pour composer avec les conséquences du conflit en court. Des femmes, des enfants, des malades essentiellement, tous civils. Sous les bombes incessantes, sans le confort de leurs domiciles souvent en ruine, ils survivent.
Mariupolis-2 dépeint les tracas du quotidien de ces gens, entre préparation de la soupe, prière, entraide réparation d'équipements, chasse aux pigeons. Le résultat est brut, chronologique. Mais c'est un témoignage du temps présent. Contre l'oubli.
Ma note = 10/20
15h00 Zhena Chaikovskogo de Kirill Serebrennikov (Compétition officielle, Russie)Durée = 2H23
Avec Odin Biron, Elenev Nikita, Ekaterina Ermishina, Philipp Avdeev, Alena Mikhailova
Dans la Russie de la fin du 19ème siècle. Antonina Miliukova, une jeune femme de la bourgeoise de Moscou, tente de séduire compositeur Piotr Tchaïkovski, dont elle admire le talent. Il l'éconduit mais devant son insistance proche de l'obsession, il cède. Mais il ne lui porte pas de sentiments au niveau de sa passion. Il l'épouse plus par intérêt financier et pour faire taire les rumeurs. C'est que le compositeur n'est pas vraiment intéressé par les femmes... malgré les difficultés, Antonina va néanmoins tout faire pour rester à ses côtés.
Le sujet centrale de Zhena Chaikovskogo, c'est la condition des femmes à la fin du 19e siècle, l'homosexualité du mari n'est que la contrainte qui explique que le mariage soit plus arrangé qu'authentique. Le personnage d'Antonina se débat dans un système patriarcal, où la femme n'existe que par le statut et la reconnaissance sociale de son mari. Le film est bien construit, bien interprété, mais un peu dans la retenue du siècle dernier à mon goût..
Ma note = 16/20






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