Durée = 1h37
Avec Felix Maritaud, Eric Bernard, Nicolas Dibla
Concourt pour la Caméra d'Or

Léo a 22ans. Il aime les hommes. Il survit en donnant des services sexuels tarifés au « Bois ». Il est malade. Il est drogué. Il n'a que deux ambitions : consommer sa dose de crack et dormir dans les bras d'un garçon. Il se prend d'affection d'un autre prostitué, qui ne la lui rend qu'à moitié. Trouvera-t'il l'amour ? Est-il simplement prêt à l'accepter ? à s'accepter ?
Sauvage dépeint une tranche de vie dans les milieux de la prostitution masculine, plus rares au cinéma que ceux de la prostitution féminine. Le résultat est de bonne facture. Je retiens en particulier l'émouvante scène où Léo tombe dans les bras de son médecin traitant (femme) alors que la solitude lui pèse particulièrement. C'est sans doute la plus belle trouvaille de mise en scène de Sauvage. Elle résume magistralement la détresse sentimentale du personnage principal.
Ma note = 14,5/20
11h00 Mon Tissu Préféré / My Favorite Fabric de Gaya Jiji (Un Certain Regard, Syrie, Turquie, Allemagne) Durée = 1h36
Avec Manal Issa, Ula Tabari, Souraya Baghdadi
Concourt pour la Caméra d'Or
A Damas, alors que la guerre couve, Nahla vit avec ses deux s½urs célibataires et sa mère. Elle est promise à Samir, un expatrié syrien qui vit au Canada, qu'elle n'a jamais vu et qui porte avec lui la promesse d'une vie plus paisible à l'étranger. Mais elle rêve aussi du grand amour avec un mystérieux jeune homme. Quand Samir lui préfère sa s½ur Myriam, la déception de Nahla est grande mais elle y voit une opportunité de s'assumer enfin comme femme indépendante.
Si je me suis laissé embarquer par l'intrigue dans la première partie de Mon Tissu Préféré, je dois avouer que la deuxième moitié m'a laissé plus perplexe, comme si la réalisatrice n'avait pas terminé son sujet. Le trait le plus intéressant du film est peut-être l'effet miroir entre l'augmentation de la tension entre les membres de la famille et la montée de la guerre civile à l'extérieur.
Ma note = 13/20
14h00 L'Ange / El Angel de Luis Ortega (Un Certain Regard, Argentine) Durée = 2h06
Avec Lorenzo Ferro, Chino Darín, Mercedes Morán
A Buenos Aires, en 1971, Carlitos est un adolescent de 17 ans au visage angélique, qui multiplie les cambriolages, par jeu plus que par besoin. Son camarade de lycée, Ramon, le met en contact avec des truands du grand banditisme qui l'initient au maniement des armes à feu. C'est le début d'une spirale infernale. Le film est Inspiré de la vie de Robledo Puch, également connu sous le nom "L'Ange de la Mort", qui purge une peine de prison à vie pour avoir commis 11 homicides au début des années 70, alors qu'il n'avait que 20 ans.
Quand l'éducation a échoué à imposer les tabous élémentaires de la vie en collectivité, à l'âge charnière où se définissent les projets de vie, El Angel dépeint un ado encore immature socialement, affectivement et sexuellement, qui se transforme en monstre. Il serait inexact de le décrire comme sans foi ni loi, mais plutôt avec sa propre foi et ses propres lois. Pour autant qu'on puisse imaginer les ressorts qui poussent un adolescent à de telles extrémités, El Angel est plutôt convaincant.
Ma note = 14.5/20
16h30 Le Livre d'image de Jean-Luc Godard (Sélection Officielle en Compétition, France) Durée = 1h30
Le squelette de ce film consiste en de courts extraits (quelques secondes) de films, célèbres ou pas, repris avec leurs bandes sons originales et retravaillées avec des couleurs sursaturées. Godard les montent bout-à-bout en intercalant parfois des images documentaires. En guise de liant, le réalisateur dit un texte en cinq chapitres en forme de réflexion sur l'art, sur les relations humaines, sur la révolution et finalement le monde arabe contemporain.
Difficile d'en raconter davantage. La technique employée par Godard frise le subliminal ou le psychédélisme, donc à déconseiller aux épileptiques. Certains trouveront le procédé agaçant. Il requiert incontestablement un effort de concentration. Je veux bien saluer l'effort de créativité de Godard, mais je n'irai pas jusqu'à convenir que j'ai apprécié. A réserver aux cinéphiles avertis uniquement. Et si vous choisissez de passer outre mes conseils et que le film est deçà de vos attentes, vous pouvez toujours faire vôtre sa conclusion : «Même si rien ne devait être comme nous l'avions espéré, cela ne changerait rien à nos espérance».
Ma note = 11/20






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