Comme presque chaque année, les représentants des journaux de cinéma présents à Cannes ont fait la fine bouche. L'année 2017 devait être un mauvais cru. Ce fut le cas, disent-ils. Je ne partage pas cette analyse. Mais je confirme que la crise mondiale sous toutes ses formes a fini par déteindre sur les metteurs en scène. Le cinéma de 2017 aura la couleur des salles obscures. Il sera noir et pessimiste. A Cannes, ma programmation personnelle est guidée par un seul principe: ce qui est pris n'est plus à prendre. Comme le nombre de films dans toutes les compétitions est supérieur à ce qu'il est humainement possible de voir, je prends le premier venu, sans aucune autre considération, avec l'objectif de remplir chaque journée autant que faire se peut. En 2017, cette stratégie a particulièrement bien fonctionné puisque j'ai pu assister à 47 séances, un record en 24 ans.
Je remplis mon blog dès la sortie des salles pour être le moins pollué par les avis de jurys et les critiques des journaux. Oui, la palme d'or à The Square de Ruben Östlund m'a déçu et j'aurais souhaité, comme toute la Croisette ou presque (Pedro Almodovar inclus apparemment), qu'elle aille à 120 Battements par Minute de Robin Campillo, récompensé du Grand Prix (le deuxième prix le plus prestigieux, dans l'ordre protocolaire quand même). D'autres jurys ont d'ailleurs rectifié l'injustice puisque le film de Robin Campillo a reçu 4 prix au total, une conjonction rare au Festival de Cannes.
Si je jury de la compétition officielle n'a pas hiérarchisé ses prix avec la même grille de lecture que moi, il en a été largement autrement des autres jurys.
- Dans la sélection de la Semaine de la Critique,
mes deux films préférés Téhéran Taboo d'Ali Soozandeh et Ava de Léa Mysius ont été honorés par le Grand Rail d'Or et le prix SACD, respectivement
- Dans la sélection Un Certain Regard,
si je laisse de côté mon coup de c½ur, le grand oublié L'Atelier de Laurent Cantet (Un Certain Regard, France) (rendez vous aux césars?), j'avais classé juste en dessous Wind River de Taylor Sheridan et Lerd / Un homme intègre / Dregs de Mohammad Rasoulof, respectivement Prix de la mise en scène et Grand Prix de la sélection
- Dans la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs,
c'est bien mon favori The Rider de Chloé Zhao qui a eu l'un des prix les plus prestigieux, le Prix Art Cinema Award.
- Dans la compétition officielle des courts métrages,
Une Nuit Douce / Xiao Cheng Er Yue de Qiu Yang, a eu la Palme. Je l'avais classé second, presque à égalité avec le premier L'Heure du Déjeuner / Lunch Time de Alireza Ghasemi.
Au bilan, si l'on compile toutes les sélections, il faut reconnaître que le cinéma français a été particulièrement en forme lors de cette 70e édition, aussi bien par des cinéastes confirmés que par la nouvelle génération, notamment de Léonor Serraille, partie auréolée de la Caméra d'Or, le prix le plus prestigieux au monde du premier film pour Jeune femme.






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