8h45 Petra de Jaime Rosales (Quinzaine des Réalisateurs, Espagne)Durée = 1h47
Avec Bárbara Lennie, Alex Brendemühl, Marisa Paredes
Petra, jeune artiste peintre, séjourne pour quelques semaines dans l'atelier de Jaume, un confrère renommé. Elle y recherche une nouvelle identité artistique mais aussi son identité personnelle. Jaume se révèle un individu manipulateur et cruel, qui organise les relations dans son entourage comme des rapports de domination. Sa femme, son fils, ses domestiques s'accommodent de plus en plus mal de ses humeurs et ses mensonges.
La segmentation de l'intrigue de Petra en chapitres fait penser à des actes de théâtre dont les titres suggèrent (avec bonheur) le scénario à venir. Le réalisateur alterne entre les excès d'une tragédie grecque et les rebondissements d'un roman de Pagnol. J'ai passé un très bon moment.
Ma note =15/20
11h15 Gräns / Border / Frontière de Ali Abbasi (Un Certain Regard, Suède) Durée = 1h41
Avec Eva Melander, Eero Milonoff
Tina est née avec un sixième sens olfactif, qui lui permet de détecter les émotions chez autrui. Elle met son don au service de la police des frontières, pour démasquer les activités délictueuses. Depuis qu'elle est petite, elle s'est toujours sentie différente, sans en comprendre la raison, jusqu'à ce qu'elle croise le chemin de l'un de ses semblables. Comment s'assumer enfin pleinement, quand cela signifie renoncer à ses valeurs ?
Gräns est une fable fantastique moderne, un film de genre empreint de mythologie nordique mais paradoxalement humaniste. Cela donne un mélange original, qui ne craint pas de casser les codes, et très plaisant à regarder
Ma note = 14/20
14h00 A Genous les Gars / on your knee, Guys – Sextape de Antoine Desrosières (Un Certain Regard, France)
Durée = 1h38
Avec Souad Arsane, Inas Chanti, Sidi Mejai

Yasmina et Rim sont deux s½urs issues de la communauté musulmanes de 17 et 18 ans. Rim est amoureuse de Majid, le meilleur ami de Salim. Elle organise la rencontre de celui-ci avec sa s½ur.
En l'absence de l'aînée partie en voyage, le trio Yasmina, Salim et Majid participe à une soirée qui dérape. Mais Salim a enregistré sur son smartphone une scène de sexe compromettante, qu'il menace de diffuser. Yasmina, effondrée, se sent enfermée dans un labyrinthe sans issue.
Le film traite des blessures de l'âme adolescente sans grande subtilité. Les personnages manquent de profondeur et sont trop changeants pour être crédibles. A Genous les Gars n'est pas à la hauteur de la gravité du harcèlement moral issu des réseaux sociaux. Il y a fort à parier que les victimes ne trouveront ici ni l'empathie, ni le niveau de débat qu'ils étaient en droit d'espérer. Avec cette tragi-comédie, Antoine Desrosières tombe dans le piège de tourner en dérision les dérives qu'il cherche à combattre, risque de conforter les harceleurs plus que de les dénoncer. L'ensemble est inutilement graveleux et caricatural. « On peut rire de tout », entend-on souvent dans le milieu des humoristes. Oui, à condition d'être drôle. Les rires de la salle laissaient parfois un sentiment de malaise.
Ma note = 9/20
16h30 Bad Bad Winter de Olga Korotko (sélection ACID, Kazakhstan)Durée = 1h56
avec Zhalgas Jangazin, Tolganay Talgat, Nurgul Alpysbayeva
Dinara, la trentaine, termine ses études de doctorat. Fille d'un homme d'affaires, elle a toujours évolué dans un milieu bourgeois.
Après le décès de sa grand-mère, elle retourne dans sa ville natale pour mettre la maison familiale en vente. Elle attend avec plaisir la visite de quatre anciens camarades de lycée. Sa déception est grande quand elle prend conscience qu'ils porteurs d'un terrible secret et que leurs motivations sont bien plus intéressées qu'elle ne l'imaginait. La promotion des valeurs humanistes fait-elle bon ménage avec la misère économique ?
Le premier quart d'heure de Bad Bad Winter, presque sans paroles et très contemplatif, peut dérouter. Le spectateur qui aura su résister à la tentation de l'ennui se réjouira des allusions mystérieuses qui tissent ensuite peu à peu la trame du thriller. Peu de films kazakhs parviennent jusqu'à nos salles de cinéma. Je fais le v½u que Bad Bad Winter soit un de ceux-là. Au-delà du dépaysement, il le mérite.
Ma note = 14/20






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