Durée = 2h12
Avec Song Kang-Ho, Cho Yeo-jeong, So-Dam Park

La famille de Ki-taek vit dans un petit appartement sans confort, dans une cave qui donne sur la rue. Ils (sur)vivent de petits boulots, afin de joindre les deux bouts sans y parvenir vraiment. Quand Ki-Woo, le fils de la famille, se voit proposer de travailler comme professeur d'anglais chez les Park, une famille richissime, l'opportunité est trop belle pour ne pas être saisie, même s'il faut pour cela mentir sur sa condition et falsifier des documents. Et si c'était une occasion de pistonner sa s½ur, même insuffisamment qualifiée ? L'engrenage d'une spirale s'enclenche.
Autant le savoir, le réalisateur d'Okja ne cherche pas le réalisme ici. Il y a une trame de tragédie racinienne dans ce film, racontée avec un sens de la dramaturgie qui tient en haleine de bout en bout. Oui, la lutte des laissés-pour-compte contre les riches, du peuple malmené par la précarité climatique contre les puissants insouciants est excessive, mais Bong Joon Ho y intègrent des questionnements pertinents sur les dysfonctionnements de nos sociétés. De la tendresse aussi, qui intervient au bon moment pour contrebalancer la violence de quelques scènes.
La Corée s'est distinguée dans les années 2000 dans le monde de la culture en inventant la musique électronique universelle. Elle a trouvé avec Bong Joon Ho un cinéaste universel, qui sait réconcilier (presque) tous les audiences, des critiques les plus aigries de cinéma (il faisait l'unanimité dans les récapitulatifs du Film Français et de Variety) au public non-cinéphile. J'ai vu Parasite dans le grand amphithéâtre Lumière lors de la séance organisée par la mairie à destination des Cannois qui ne fréquentent pas le Festival (et vont très peu dans les salles, selon toute vraisemblance). Je dois avouer ma surprise de n'avoir vu personne sortir avant la fin du film, et c'est suffisamment rare dans une séance de projection de la Palme post-festival pour être noté, surtout quand le film dure plus de 2h ! Ce public a-t'il été enthousiasmé ? je ne pourrais parler à leur place. Mais qu'il fasse réfléchir, émeuve ou simplement divertisse, Parasite est inconstablement riche et divers. C'est pour cela que tout le monde peut y trouver son compte, c'est pour cela qu'il mérite la Palme d'Or.
Ma note = 18/20






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